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Sortir de l’économie ‹icariâtre›

 

11 fructidor 228 (28 août 2020) Troisième implosion de bulle spécula-tive en 20 ans! Avec à la clé: une explosion des dettes mondiales (pu-bliques et privées) qui ne peut entraîner que la multiplication des cas comme la Grèce ou l’Argentine, une énorme vague de faillites, le retour du chômage de masse dans les pays dits développés où, cette fois aussi, tout semble avoir été fait pour que les prix boursiers, immobiliers etc. montent plus haut, toujours plus haut... à nouveau trop haut. Le rebond actuel n’a été obtenu que par des masses de liquidités financières et de nouvelles dettes. La chute, qui n’est que retardée, était imminente dès mi-2019, mais cette nouvelle crise de fin de cycle économique, aggravée par le Covid-19, sera mise au compte de ce dernier de façon à pouvoir recommencer le même tour de piste – combien de fois encore…?

Ce que la pandémie actuelle a révélé, c’est la fragilité d’un système qui n’a bonne mine que quelque six ans sur dix, en fonctionnant à flux tendu grâce à un surendettement croissant. Il suffit de deux mois d’acti-vité réduite et des foules d’entreprises et de particuliers tombent dans cet ‹assistanat étatique› dont beaucoup réclamaient encore l’abolition quelques mois auparavant.

Si Icare avait été repêché vivant, aurait-il récidivé tous les dix ans? Donc: se tromper est humain, perséverer est… économique! Ce temps des Ica-riâtres nous incite à poser quelques ‹questions critiques› sur l’économie occidentale actuelle et à rechercher avec nos lecteurs quelques réponses éventuellement utiles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Entrée (suite)

 

Aussi stupéfiante qu’imprévue, une situation s’est installée de taux d’intérêts négatifs pour une énorme masse d’obligations à long terme émises par le Japon depuis déjà trois décennies et, plus récemment, par maints États européens. Au Danemark, des prêts hypothécaires à taux négatifs pour des achats immobiliers sont même apparus en 2019. La banque centrale états-unienne rejette pour l’heure le recours à des taux négatifs, mais jusqu’à quand…? Car une nouvelle inversion de la courbe des taux d’intérêt états-uniens est intervenue fin juin dernier (ici) qui laisse présager soit une nouvelle correction boursière soit, pour la con-trer, une nouvelle intervention de la Fed sans doute aussi à hauteur d’un ou deux billion(s) de dollars.

xxxAuparavant, mais de façon sporadique, des taux d’intérêt négatifs avaient été comptés sur des dépôts bancaires dans des paradis fiscaux pour dompter la hausse du cours de leur monnaie – cela est aisément compréhensible même si pendant l’été 2016, les taux d’intérêt de toutes les obligations de l’État suisse sont devenus négatifs, même de celles à 50 ans! Par contre, l’ampleur mondiale du phénomène était imprévisible pour le discours économique dominant selon lequel toute augmentation de la dette d’un État entraîne mécaniquement celle des taux d’intérêt de ses obligations. En outre, à notre connaissance, aucune des théories économiques alternatives existantes n’avait prévu la situation actuelle. Et, hors de tout dogmatisme, comment comprendre, dans un contexte qui reste inflationniste, des taux négatifs sur des obligations à 10 ou même 30 ans?!

xxxSituation tout aussi imprévue pour les contempteurs de la monnaie-papier et les partisans de l’or comme monnaie ou garant de la monnaie: malgré la montagne de dettes du Japon, de la zone euro et des États-Unis, ni le yen ni l’euro ni le dollar ne se sont encore effondrés…

 

Parmi les pronostiqueurs économiques qui s’expriment en public, il y a beaucoup de Jean-qui-rient et quelques Jean-qui-pleurent, les premiers ne prévoyant jamais de récession et les seconds les annonçant pour chaque fin de mois. Phénomène récent semble-t-il, des économistes censés sérieux nous annoncent même pour très bientôt La Crise Finale, avec la fermeture des banques centrales et l’élimination des marchands prédite dans le Livre de l’Apocalypse!

 

Comme, par le fameux Aritoteles dixit, les philosophes scolastiques mas-quaient justement leurs divergences par rapport à la pensée du penseur grec, les figures d’Adam Smith, Bastiat, Keynes etc. sont sans cesse invo-quées pour justifier des théories qu’ils répudieraient sans doute avec fermeté. Ce qui n’est pas étonnant: les sociétés médiévales n’étaient pas identiques aux sociétés grecques; l’économie occidentale actuelle diffère de celles précédant la Seconde Guerre Mondiale.

xxxCe site ne se veut ni keynésien, ni monétariste, ni ‹autrichien›, etc. etc. Le miel multifleurs est moins caractéristique que celui de lavande ou d’acacia, il n’en est pas moins bon et les abeilles éclectiques fa-briquent aussi de la gelée royale. Pas de Hayekanus dixit, Friedmannus dixit, Keynanus dixit etc. Pas de texte visant à réduire la complexité du réel en oppositions binaires. Esprits ‹noirblanchistes›, zappez vite!

 

Si bien des gens semblent penny-wise and pound-foolish, ne peut-on dire de bien des économistes qu’ils sont micro-wise and macro-fools? Sous prétexte que la croissance serait basée sur la confiance, combien d’entre eux ne se tranforment-ils pas en prêcheurs de confiance irréaliste qui poussent à investir au mauvais moment et prétendent ensuite que la crise était imprévisible?

xxxPourtant, il existe des signaux de l’arrivée des crises économiques. La banque centrale américaine en a identifié au moins un formellement (voir ici en cherchant aux noms Bauer et Bullard). Et quand ils font faisceau, le doute n’est pas permis. Pourquoi dès lors maintenir le dogme de l’imprévisibilité des crises, sinon pour justifier des conduites irresponsables?

 

Après chaque crise économique, des causes sont identifiées, à peu près toujours les mêmes. Des garde-fous (législatifs ou autres) sont mis en place, puis… mis de côté dès qu’une nouvelle crise approche!!

xxxCertes les crises économiques sont inévitables, mais est-il utile de les rendre plus destructrices que nécessaire par imprévoyance organisée? La justification par le concept schumpetérien de ‹destruction créative› n’a aucune base scientifique. Le prétendu cynisme de gens qui ne vivent pas comme Diogène de Sinope ou leur soi-disant darwinisme social et économique ne sont que des sarcasmes cache-misère intellectuelle qui appauvrissent et détruisent cultures et sociétés.

 

Pour ne pas tomber dans le travers ‹yakafokon›, nous privilègerons des tentatives d’analyse sans doute pénibles à lire avant de proposer quelque mesure que ce soit.

 

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Il ne peut pas y avoir de théorie économique sérieuse sans prise en compte des conséquences sur l’environnement. Mais nous essaierons d’éviter les outrances des défonceurs et des défenseurs de la nature des sectes fossilâtres et anti-fossilâtres… Oui au respect de l’environnement, non aux écologismes! Toute conviction sérieuse se retrouve déconsidé-rée par des dérives irresponsables, l’écologie itou.

 

La dégradation systématique de notre environnement est connue depuis six décennies environ. Des lois sont passées et… rarement appliquées. On ne peut que s’inquiéter avec Arundhati Roy: «Je ne suis pas sûre que l’humanité veuille survivre».

 

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Bon, nous n’allons pas aborder ici tous les sujets et en faire un Manifeste....

 

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Pour que seuls les faits et les idées comptent, tout texte sur ce site est publié sous pseudonyme. Nous avons choisi des noms d’arbres fruitiers dans l’espoir de cultiver un verger fructueux.

 

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L’économie est un sujet très sérieux. Mais, quoique ce site propose des lectures austères, il se permet un peu d’humour; que ce dernier soit mauvais importe peu: il aura le mérite d’éloigner pédants, ‹dogmeux› et consorts. L’obsession de la distinction rime rarement avec humanité et sens des responsabilités collectives.

 

En outre, la culture change. Une grande partie de la cuisine ‹occi-dentale› séparait strictement les plats amers/salés/sucrés, un véritable apartheid gustatif – et même optique, car le sucre devait être raffiné plus blanc que blanc. Et en musique, lyrisme et ironie étaient soigneu-sement séparés… Eh bien, nous aimons l’aigre-doux, le salé-sucré, la cas-sonade, la musique de Prokofiev, Villa-Lobos... et la clarinette klezmer!

 

Musique!

 

 

«Mon Dieu, quel manque de goût!
Ah, c’est pas la clâââsse!»

 

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